Seiler


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Entretien avec Seiler

Seiler et le monde de la santé, à quand remonte cette rencontre et qu’est-ce qui vous inspire dans ce domaine ?


Cette rencontre remonte à mars 1989. Ma belle-mère, directrice d’hôpital, apprend alors par un ami qui collabore à Agir Actualités (revue de l’association des anciens élèves de l’ENSP) que le directeur de la publication recherche un dessinateur. Après essai (transformé !), voilà maintenant 22 ans que je collabore à cette publication devenue DH Magazine en juin 1992, lors de sa sortie du giron de l’association.


En 2008, LEH Édition publiait une sélection de vos meilleurs dessins dans un ouvrage intitulé C’est la crise. En 2010, de quoi parle votre nouveau recueil ? Pouvez-vous nous expliquer son titre ?


À l’instar de C’est la crise, ce nouvel album parle toujours de santé
publique mais sur une période plus longue. C’est un voyage dans le temps qui commence avec ma collaboration à Agir Actualités, lorsque Claude Évin était ministre de la Santé, jusqu’à aujourd’hui avec DH Magazine et Roselyne Bachelot à la tête de ce même ministère. Comme le hasard fait bien les choses, j’ai pu faire un jeu de mots avec leurs noms, Claude Évin étant l’initiateur de la loi du 10 janvier 1991 relative à la lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme, loi reprise et complétée par Roselyne Bachelot. C’est donc une rétrospective de mes dessins qui permet de revivre les changements et événements qui ont jalonné 22 ans de politique de santé avec le PMSI, les ARH, les 35 heures, le sang contaminé, la canicule… Et plus proche de nous, la grippe H1N1, les ARS, la loi HPST… J’en passe et des meilleurs !


Quel regard porte le dessinateur sur cette période ?


Un regard amusé et critique bien sûr, les uns défaisant ce que les autres ont fait et réciproquement. C’est comme la mode, tout est un éternel recommencement. Et puis il y a les grands moments de franche rigolade comme les brumisateurs de Douste-Blazy ou d’autres encore qui font rire jaune (contrairement à la grippe asiatique) comme les doses de vaccins H1N1 achetées par Roselyne Bachelot…


Quel message souhaitez-vous passer ?


Le message (si message il y a), c’est de dessiner tout haut ce que les autres pensent tout bas, le but étant de mettre le doigt (pardon le crayon) là où ça fait mal.


Est-il possible de rire de tout ?


Comme le disait Desproges, « On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui ». C’est encore plus vrai aujourd’hui où il faut être politiquement correct. La caricature a un impact très fort sur le lecteur car c’est visuel : le dessin, c’est du concentré, en une fraction de seconde on a tout dit ! Souvenez-vous la tête de Louis-Philippe caricaturée en poire, ça ne date pas d’hier !


Avez-vous déjà été censuré ? Si, oui pourquoi ? Est-ce que vous vous fixez des limites ?


Oui, mais rarement (4 ou 5 fois en 22 ans !), notamment par rapport aux religieux (de tout poil) ou bien, je m’en souviens, pour un dessin considéré comme une attaque à l’égard de la fonction de directeur d’hôpital… Mais je ne peux pas vous en dire plus, sinon je vais être censuré ! Une fois également, lors d’un congrès, on m’a interdit de mettre un dessin qui brocardait un syndicat.

Quant aux limites, bien sûr ; je m’autocensure parfois sinon le dessin ne passerait pas : il faut s’adapter… Et c’est frustrant ! A contrario, je m’autorise plus de libertés lorsque je fais du dessin en direct lors de congrès, car on me donne la plupart du temps carte blanche.




Bibliographie

Cet auteur a participé à 2 ouvrages.

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