L’impact de la criminalisation de l’usage de drogues sur la prévention et la réduction des risques dans le chemsex : entre enjeux de santé publique, stigmatisation et accès aux soins

PRESENTATION
FICHE TECHNIQUE
Parution 26/08/2026
Rayon
Collection Mémoires numériques de la BNDS
ISBN 978-2-38612-205-7
Format x mm
Nbre de page 35 pages

Le chemsex désigne l’usage de substances psychoactives dans un contexte sexuel, principalement observé chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. Il vise notamment à intensifier le plaisir, prolonger les rapports, réduire les inhibitions ou faciliter les interactions sexuelles. Cette pratique expose toutefois à des risques infectieux, toxicologiques, psychiques, relationnels et sociaux, notamment au VIH, aux infections sexuellement transmissibles, aux surdoses, aux troubles psychiatriques et aux difficultés liées au consentement. La réduction des risques repose sur une approche pragmatique, confidentielle et non jugeante, associant information sur les produits, dépistage, PrEP, TPE, accompagnement addictologique, soutien psychologique et prévention des risques liés à l’injection. Cette logique sanitaire entre cependant en contradiction avec le droit français, qui continue de pénaliser l’usage illicite de stupéfiants. La répression concerne très majoritairement les consommateurs, notamment au moyen de l’amende forfaitaire délictuelle. Or la criminalisation ne fait pas disparaître les pratiques : elle tend à les rendre plus clandestines, renforce la stigmatisation et décourage certaines personnes de révéler leurs consommations aux professionnels de santé. Elle peut ainsi retarder l’accès au dépistage, à la PrEP, aux soins addictologiques et à la prise en charge psychologique. Elle complique également le repérage précoce des usages problématiques, des injections, des pertes de contrôle et des risques de surdose. Le mémoire conclut donc que la criminalisation constitue un obstacle structurel à la prévention et à la réduction des risques dans le chemsex. Il préconise une approche prioritairement fondée sur la santé publique, la formation des professionnels, les dispositifs communautaires et la coordination entre santé sexuelle, addictologie, psychiatrie et accompagnement social. La décriminalisation ne constituerait toutefois qu’un élément de cette politique globale et devrait s’accompagner d’une offre de soins accessible, spécialisée et non stigmatisante.

A PROPOS DES AUTEURS
Photo Identité CV
Lopez Patrick Docteur en droit public, Patrick Lopez a soutenu une thèse le 30 septembre 2024 à l’Université Paris 8 intitulée : « Pour une réforme des textes issus de la loi du 31 décembre 1970 au regard des usagers de drogues » sous la direction du Pr Pierre-Olivier Chaumet et devant un jury présidé par le Pr Mostefa Maouene et ayant pour membres Patrick Aeberhard, ancien président de Médecins du monde et Malik Boumediene, maître de conférence (H.D.R.) à l’Université Toulouse Jean Jaurès. Patrick Lopez est également enseignant en droit au CNAM.
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