Olivier Toma

Olivier Toma

À propos de l'auteur

Olivier TOMA a dirigé des établissements de santé pendant 17 ans et se consacre aujourd'hui à la démarché qualité et à la déclinaison du développement durable dans le secteur de la santé et du médico-social. Il est cofondateur du DU développement durable en santé à la faculté de droit de Montpellier.

Entretien avec Olivier Toma

Quel est l’impact du secteur de la santé sur l’environnement en matière de déchets ?

18 millions de Français sont accueillis chaque année dans des structures hospitalières. Les activités de soins, d’hébergement et de restauration nécessitent une forte logistique et génèrent plusieurs centaines de millions de tonnes de déchets diffus. Certains d’entre eux sont inoffensifs, d’autres dangereux, voire très dangereux. Quoi qu’il en soit, ils incitent à une prise de conscience majeure par les acteurs du soin afin de limiter au maximum nos impacts. Les déchets produits par les établissements de santé ont un impact considérable sur l’environnement et la santé des patients. Ils peuvent provenir de particuliers (déchets ménagers, alimentaires, fermentescibles…), d’industries (déchets industriels spéciaux, emballages…), mais il peut aussi s’agir de déchets infectés par des bactéries et des virus, ainsi que de déchets radioactifs. Leur forme peut être solide, liquide ou gazeuse.
Le secteur hospitalier doit limiter ses impacts dès l’acte d’achat, lors du choix et des référencements des produits, et inciter les fournisseurs et sous-traitants à rejoindre cette dynamique pour réduire tous ces impacts et mieux assurer cette mission de santé publique.

Comment faire respecter le droit du développement durable dans les établissements de santé ?

Celui-ci ne pourra être effec­tif que si l’éthique du développement dura­ble est intégrée dans les pratiques quotidiennes des acteurs du secteur de la santé. Cette démarche est incontournable. Chacun doit se sentir ­concerné et impliqué. La loi Grenelle 2 prévoit des incitations et des sanctions. Et l’Europe imposera ses règles dans la décennie à venir. L’idéal serait de les vivre en faisant preuve de bon sens et de réflexion pour ne pas les subir. Au-delà du droit pur, le droit du développement durable doit être intégré dans les formations initiales et continue proposées aux acteurs, qu’ils soient médecins, directeurs ou collaborateurs en charge de la santé de la population. Le développement durable et solidaire en santé est avant tout un devoir pour nous, professionnels. C’est le sens même de notre engagement.

N’est-il pas trop tard pour mettre en œuvre cette dynamique du développement durable et solidaire dans le secteur de la santé ?

Bon nombre d’établissements et de professionnels sont déjà dans cette dynamique, initiée par la démarche qualité depuis 1995. S’il est bien un secteur où il n’est jamais trop tard, c’est celui de la santé ! Il faut simplement rappeler la mission fondamentale d’un établissement de santé : « D’abord ne pas nuire, ensuite soigner ». Chaque jour, les managers prouvent de plus en plus leur capacité à assurer sur le terrain le bien-être physique, psychique et social de leurs équipes et à optimiser la qualité de leur structure.
La politique de santé, de son côté, est hélas court-termiste et n’incite pas à un développement « durable ». Il est donc d’autant plus nécessaire que les professionnels de santé se forment, s’allient et œuvrent ensemble pour la définition d’une politique de santé à plus long terme pour assurer des soins de qualité et garantir la santé des générations futures.


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